La marche en milieu naturel et le bien-être psychologique : une étude québécoise

Louv (2008) et Cardinal (2010) soulignent que le mode de vie urbain et moderne coïncide, entre autres, avec l’augmentation des problèmes de santé mentale. Ces auteurs attribuent principalement cela au manque d’activités physiques, mais également à la diminution du contact avec la nature. Selon Statistique Canada (2013), environ 81 % de la population québécoise vit en milieu urbain. Au Québec, seulement 54,6 % des adultes âgés de 18 ans et plus seraient actifs physiquement (Statistique Canada, 2012, cité dans Nolin, 2015). C’est donc en réfléchissant aux enjeux du mode de vie urbain et sédentaire que Vincent Bergeron a, dans le cadre de sa maîtrise en psychopédagogie à l’Université Laval, conduit un projet de recherche sur les effets bénéfiques de la marche en milieu naturel sur le bien-être psychologique. Il s’est intéressé à la marche en milieu naturel puisqu’elle aurait à la fois le potentiel d’augmenter la pratique d’activités physiques et de favoriser le contact avec la nature.

 

 

Pour y arriver, deux groupes de participants ont été recrutés. L’un des groupes a d’abord marché à l’intérieur à raison de 150 minutes (réparties sur environ 5 séances) par semaine, et ce, pendant quatre semaines. Pendant ce temps, l’autre groupe de participants marchait aussi environ 150 minutes par semaine, mais en milieu naturel (dans une forêt située sur le campus universitaire). Après les quatre semaines, les marcheurs ont pris une semaine de pause. Ils ont ensuite repris la marche, mais dans l’autre environnement. Différentes variables associées au bien-être psychologique, soit l’humeur, l’anxiété, les symptômes dépressifs et la fatigue, ont été mesurées avant et après chaque période de quatre semaines.

 

Les résultats obtenus suggèrent que la pratique de la marche, qu’elle soit réalisée à l’intérieur ou en milieu naturel, offre des bénéfices similaires en améliorant l’humeur et en diminuant les symptômes dépressifs et la fatigue. Ce qui est intéressant, c’est que les résultats obtenus pour l’anxiété suggèrent que l’anxiété serait perçue significativement moins élevée par les participants lorsque les séances de marches étaient réalisées en milieu naturel que lorsqu’elles étaient réalisées dans un milieu intérieur (P = 0,02). Bien que cette étude comporte quelques limites, tels qu’un petit nombre de participants, les résultats sont encourageants et représentent une raison de plus pour participer à des activités de plein air. Cela est d’autant plus stimulant puisque la marche est une activité accessible, peu coûteuse et qu’il est possible de la réaliser en milieu naturel, tout en étant en milieu urbain.

 

Références :

 

Cardinal, F. (2010). Perdus sans la nature – Pourquoi les jeunes ne jouent plus dehors et comment y remédier, Québec Amérique, 201 p.

 

Louv, R. (2008). Last child in the woods: Saving our children from nature-deficit disorder, Algonquin Books of Chapel Hill,390 p.

 

Statistique Canada (2013). Population urbaine et rurale, par province et territoire (Québec). Repéré le 27 février 2018 à : https://www.statcan.gc.ca/tables-tableaux/sum-som/l02/cst01/demo62f-fra.htm.

 

Statistique Canada (2019). Tableau 13-10-0096-01 Caractéristiques de la santé des canadiens, estimations annuelles. Repéré le 28 février 2019 à : https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/tv.action?pid=1310009601.

 

 

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